L'empreinte écologique

L'empreinte écologique est un indicateur qui convertit la consommation de ressources et la production de déchets d'une population en une surface de terre et d'eau biologiquement productive. Conçue au début des années 1990 par Mathis Wackernagel et William Rees à l'université de Colombie-Britannique, elle s'exprime en hectares globaux. Cette page expose la méthode de calcul, les composantes prises en compte, les ordres de grandeur observés et les limites reconnues de l'indicateur.

La méthode

Le calcul rapporte chaque flux de consommation à la surface nécessaire pour le produire ou pour en absorber les résidus. L'unité retenue, l'hectare global, correspond à un hectare de productivité biologique moyenne mondiale. Des facteurs d'équivalence corrigent les écarts entre types de terres, des facteurs de rendement les écarts entre pays pour un même type.

L'empreinte se compare à la biocapacité, c'est-à-dire à la surface productive effectivement disponible. Lorsque l'empreinte dépasse la biocapacité, la différence correspond à un prélèvement sur les stocks ou à une accumulation de résidus, principalement du dioxyde de carbone dans l'atmosphère.

Les six composantes

Le calcul distingue les terres cultivées, les pâturages, les forêts exploitées pour le bois, les zones de pêche, les surfaces bâties et l'empreinte carbone. Cette dernière, qui correspond à la surface forestière qu'il faudrait pour absorber les émissions de dioxyde de carbone d'origine fossile, représente environ 60 pour cent du total mondial.

matériaux écologiques

Les ordres de grandeur

La biocapacité disponible par habitant s'établit autour de 1,6 hectare global, pour une empreinte moyenne mondiale supérieure à 2,7 hectares. Les écarts entre pays sont considérables, d'une fraction d'hectare dans les pays à faible revenu à plus de huit hectares dans plusieurs pays à haut revenu. La France se situe aux alentours de quatre à cinq hectares globaux par habitant.

Le Global Footprint Network publie chaque année la date à laquelle la consommation mondiale dépasse la biocapacité annuelle. Cette date, située en décembre au début des années 1970, s'est progressivement déplacée vers l'été.

Les composantes individuelles

À l'échelle d'un ménage, les trois postes dominants sont le transport, le logement et l'alimentation. La part du transport dépend surtout de la distance parcourue en voiture et du recours à l'avion. Celle du logement tient à la surface chauffée, à l'isolation et à la source d'énergie. Celle de l'alimentation varie fortement avec la proportion de protéines animales, la production d'un kilogramme de viande bovine mobilisant une surface sans commune mesure avec celle d'un kilogramme de céréales.

électroménager

Les limites de l'indicateur

L'empreinte écologique ne prend en compte ni l'érosion de la biodiversité, ni la consommation d'eau douce, ni les pollutions chimiques, ni l'épuisement des minéraux. Le traitement du nucléaire et le choix de la séquestration forestière comme étalon pour le carbone font l'objet de discussions méthodologiques. L'indicateur agrège enfin en une seule mesure des pressions de nature différente, ce qui facilite la comparaison mais masque le détail.

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